Pour être au plus proche des besoins clients et se différencier de la concurrence, il devient désormais nécessaire de se tourner vers la personnalisation de ses produits. Or, cette stratégie génère une diversité plus importante de références et donc, un besoin de surfaces plus important. Dans ce cas, quelles sont les solutions envisageables ?
La création d’un kitting peut apporter quelques éléments de réponse.

Qu’est-ce qu’un kitting ?

Le kitting est une zone de stockage où sont regroupés un certain nombre de composants afin d’y être prélevés unitairement. Ces composant seront ensuite acheminés, par lot, vers leur lieu d’assemblage via un chariot spécifique. Le flux kitting est nécessairement un flux tiré. L’appel de pièces est fait depuis la ligne de production, et peut être réalisé soit par Kanban, soit via l’ERP.

 

Quel est l’intérêt du kitting ?

Plusieurs raisons peuvent expliquer la mise en place d’un tel procédé :

  • Le manque de place en bord de ligne :

L’arrivée d’une nouvelle diversité de pièces requiert l’installation de mobilier de bord de ligne. Malheureusement, l’espace disponible autour des lignes de production n’est généralement pas extensible.

  • Le gain de productivité :

Les temps de déplacement de l’opérateur pour se réapprovisionner en pièces sont de la non-valeur ajoutée et parfois, des dizaines de meubles ou de palettes alimentent leur poste de travail. Les chariots de kitting plus petits et plus maniables se présentent alors comme une solution intéressante.

  • Un besoin en ergonomie :

Décentraliser les moyens (tables élévatrices pneumatiques, supports palettes inclinables…) permet également un gain de place tout en limitant les risques d’apparition de TMS et donc d’arrêts. Le One Motion sera aussi recherché dans ce cas présent.

 

Quelles sont les données d’entrée à prendre en compte ?

Créer un kitting consiste à déplacer plusieurs familles de pièces. Il est donc indispensable de commencer par travailler sur une liste de pièces fiable, présentant des références classées par famille : mettre en kitting un article monté sur 100% des produits et ne présentant aucune diversité, n’a aucun intérêt.

 

De quoi se compose un kitting ?

  • Zone de picking :

Au niveau de la charge cognitive, les opérateurs qui réaliseront le prélèvement seront soumis à un besoin de concentration intense sur toute la durée de leur poste, afin de lire les références pour le prélèvement des bons articles. Pour limiter cette fatigue intellectuelle, il est préférable d’opter pour un éclairage d’une intensité de 500 Lux minimum.

  • Chariot :

Le chariot sera le moyen de transport mais aussi d’emballage pour les pièces prélevées. Ainsi, ce dernier devra sauvegarder l’intégrité des pièces lors de leur dépose, du déplacement et de leur manipulation. Pouvant être disposé comme meuble de bord de ligne, le chariot doit donc prendre en compte les règles ergonomiques, à savoir que la majorité des pièces doit être positionnée entre 800 et 1200 mm du sol (Strike Zone).

  • Zone de déchets :

Il est indispensable de prévoir des poubelles intermédiaires ou des poubelles en fin de parcours, avec un emplacement sur le chariot.

 

Quelles sont les moyens techniques utilisables dans cette zone ?

Lors du prélèvement à l’unité, il est indispensable de dégrever les stocks en temps réel. Le moyen le plus commun est l’utilisation d’adressages dédiés à chaque référence par l’intermédiaire de codes à barres qui seront scannés à chaque prise. Néanmoins, ce temps passé au scannage peut rapidement devenir important et nuire à la productivité. On peut alors opter pour des solutions dites de Pick-to-light. Ce procédé permet d’afficher toutes les pièces à prendre par l’opérateur sur son chemin et de valider la prise par simple pression d’un bouton.

 

Quels sont les Risques ?

De par la répétition des gestes de prises, des kilomètres parcourus, des poids prélevés sur une journée et de l’attention constante que l’on demande aux opérateurs sur une journée de travail, le risque de TMS dans les zones kitting est très élevé. Afin de faciliter le travail de l’opérateur il est possible d’assister le déplacement du chariot par un AGV, le temps du picking.

 

Conclusion

Le kitting est donc une activité qui doit être mise en place pour répondre à des contraintes de surfaces en bord de ligne dues à des diversités importantes. Il permet de synchroniser les flux logistique à la production et favorise une meilleure gestion des stocks. Activité contraignante et physique, il est indispensable de la coupler avec des solutions ergonomiques adaptées.

 

Lexique

Flux Tiré : Commande de pièces venant de la ligne. Limite les stocks intermédiaires.
ERP : Enterprise Resource Planning. Système informatique Intégré.
TMS : Troubles Musculo-Squelettiques.
One Motion : Prise de pièce dans son sens de montage.
Strike Zone : 800mm à 1200mm, Zone ergonomique cible.
Pick-to-light : Chemin lumineux des pièces à prélever.
AGV : Automatic Guided Vehicles – Véhicule à Guidage Automatique.